Désertions
De vieilles chaussures traînent sur le sol, trouées et béantes, elles sont les témoins immobiles du temps qui marche, se transforme, et s’abandonne dans les coins de la maison. Les pots de yaourts, les jouets et les assiettes vides deviennent des soldats vaincus tout juste capables de reprendre leur souffle avant la prochaine bataille. Comme chaque seconde est le deuil de la précédente, chaque repas se rejoue inlassablement.
Je m’intéresse à ce récit de nous même qui s’accroche aux objets, à ces rituels qui tombent en désuétude et qui renaissent à chaque nouveau mouvement de vie. Lorsque les assiettes ressortent des placards, qu’un enfant naît, et que les objets se gonflent de vie avant de retomber, essoufflés et vides. Alors je relève archéologiquement ces fragments et ces empreintes, pour garder avec moi les traces que la vie laisse derrière elle, instant après instant.
Le tango dansé, dessiné
Dessiner le vivant, dessiner le tango, c’est s’interroger.
Quelle technique, quel outil, quel papier, quel format ?
Dessiner la vie, capter le mouvement, saisir l’instant, poser une ligne, une trace, une tache. Tourner autour, revenir, enrouler le bras, glisser le pied, écraser les métatarses, s’écarter, se rapprocher, puis tracer, jeter, ripper... L’encre glisse, la craie s’écrase, le fusain s’agrippe au papier. La main se crispe, relâche, s’emporte, la deuxième main vient en renfort, raconte l’autre, l’accompagne, danse avec elle. Prendre en compte l’espace, le cadre, le format du papier, et laisser chaque figure s’exprimer sur la scène.
Dessiner sans relâche, regarder la contorsion, dire l’enroulement, observer la pirouette, et raconter ainsi l’histoire des danseurs.
Il faut chercher longtemps comment capter le vivant qui s’exprime.
Caresser le vivant
Rencontrer le vivant dans son énergie et sa force de vie et ancrer dans ma mémoire ces instants à fleur de peau.
La pratique régulière du dessin de nu me permet d’approfondir mon travail sur le corps et de pratiquer différents médiums. Cartes à gratter, encres, acrylique, craies, sur de grands ou petits formats m’amènent à réfléchir sur le statut du corps, dans ses lignes, dans sa masse, son volume…
Dessiner les chevaux
Au centre équestre de Valflaunès, "l'étrier des Cabanelles", il faut encore plusieurs séances de dessin pour exercer notre regard et notre ressenti pour capter l'énergie du cheval et appréhender la relation humain-cheval.